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Le Cri de Munch – Histoire, Versions et Vols Célèbres

Julien Louis Lefevre Moreau • 2026-04-06 • Relu par Oliver Bennett

Le Cri (Skrik en norvégien) constitue l’œuvre la plus célèbre d’Edvard Munch. Peinte en 1893, cette figure androgyne hurlant sous un ciel rouge sang est devenue l’icône universelle de l’angoisse existentielle moderne et du mouvement expressionniste.

Le tableau naît de l’expérience personnelle du peintre norvégien sur un pont dominant le fjord d’Oslo. Edvard Munch y traduit une vision saisissante où la nature elle-même semble émettre un hurlement infini, capturant l’aliénation de l’homme face à un monde indifférent.

Depuis plus d’un siècle, cette création dépasse le cadre de la simple toile pour investir la culture populaire mondiale. Entre vols spectaculaires, records d’enchères et analyses psychologiques, Le Cri continue de fasciner et d’interroger.

Quelle est l’histoire de Le Cri de Munch ?

Artiste
Edvard Munch

Date de création
1893 (première version)

Technique
Tempera, huile, pastel

Localisation
Oslo (2 originaux)

  • Symbole majeur de l’expressionnisme international
  • Inspiré par les couchers de soleil post-éruption du Krakatoa en 1883
  • Victime de deux vols majeurs en 1994 et 2004
  • Détient le record historique de 119,92 millions de dollars pour une œuvre vendue aux enchères (2012)
  • Représente l’anxiété humaine face à la modernité
  • Figure androgyne aux traits déformés sur fond de fjord d’Oslo
  • Ciel rouge sang caractéristique de la composition
Dimensions (version 1893) 91 × 73,5 cm
Support Carton et tempera
Artiste Edvard Munch (1863-1944)
Date première exposition 1895, Galerie Blomqvist, Oslo
Série La Frise de la vie
Influence naturelle Éruption du Krakatoa (1883)
Réaction initiale Jugée “folle” par la critique
Couleurs dominantes Rouge vermillon, orange, bleu

Date et contexte de création

L’expérience originelle remonte au 22 janvier 1892. Edvard Munch relate dans son journal une promenade sur un pont à Ekeberg avec des amis. Soudain, il ressent « un cri infini qui transperçait toute la nature ». Le ciel se teinte de rouge sang, l’atmosphère devient épaisse et angoissante. Selon les archives, cette vision traumatique mûrit pendant plusieurs mois avant de se concrétiser sur toile en 1893.

La première version voit le jour en 1893, réalisée en tempera sur carton. Elle s’intègre à la série monumentale que Munch nomme La Frise de la vie, explorant les thèmes de l’amour, l’angoisse et la mort. Présentée au public en 1895 à la galerie Blomqvist d’Oslo, l’œuvre provoque un choc. Certains critiques la qualifient d’œuvre de fou, dénonçant son style non conventionnel et ses couleurs violentes.

Inspiration personnelle de Munch

L’inspiration du ciel rouge trouve une explication scientifique partielle. L’éruption du volcan Krakatoa en 1883 a projeté des cendres dans l’atmosphère terrestre, créant des couchers de soleil orangés et pourpres observés en Europe pendant plusieurs années. Cette teinte surnaturelle hante visuellement le peintre.

D’autres influences demeurent plus incertaines. Certains spécialistes évoquent possiblement une momie Chachapoyas vue par Munch lors d’une exposition à Paris, bien que cette connexion ne soit pas définitivement établie.

Où se trouve Le Cri aujourd’hui ?

Versions au Musée Munch et Galerie Nationale

Oslo conserve les deux versions les plus célèbres. La tempera originale de 1893 est exposée au Musée national de l’Art, de l’Architecture et du Design (ancien Nasjonalgalleriet). Cette pièce, intégrée à La Frise de la vie, constitue la version de référence pour les historiens.

Le Musée Munch (MUNCH), inauguré en face de l’Opéra d’Oslo, présente deux autres originaux : le pastel de 1893 et la tempera sur carton de 1910. Ces œuvres font partie du legs considérable légué par l’artiste à la ville. Les visiteurs peuvent admirer ces trois chefs-d’œuvre dans des conditions muséographiques modernes.

La quatrième version majeure, un pastel de 1895, appartenait au milliardaire norvégien Petter Olsen avant d’être vendue en 2012. Elle réside désormais dans une collection privée anonyme. Des lithographies complètent cette série, réalisées à Berlin en 1895.

Planification de visite

Les deux sites principaux se situent à moins de deux kilomètres l’un de l’autre dans le centre d’Oslo. Le billet combiné permet souvent l’accès aux deux musées dans la même journée.

Combien vaut Le Cri de Munch ?

Records d’enchères et estimations

La valeur marchande de l’œuvre a atteint des sommets historiques le 2 mai 2012. Chez Sotheby’s à New York, le pastel de 1895 est adjugé pour 119,92 millions de dollars, établissant un record mondial pour une œuvre d’art vendue publiquement à l’époque, dépassant un tableau de Picasso.

Cette vente a propulsé Le Cri parmi les œuvres les plus chères de l’histoire. L’acquéreur est resté anonyme. Auparavant, cette version appartenait à Petter Olsen, héritier d’une fortune industrielle norvégienne et descendant d’amis proches de Munch.

Valeur patrimoniale

Les versions conservées dans les musées norvégiens sont considérées comme inestimables et inaliénables, faisant partie du patrimoine national protégé.

Le Cri a-t-il été volé ?

Les vols célèbres et récupérations

L’œuvre a fait l’objet de deux vols majeurs. En février 1994, la version 1893 du Musée national est dérobée en plein jour lors de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver à Lillehammer. Les voleurs laissent une carte postale indiquant : “Merci pour la mauvaise sécurité”. La police la récupère quelques mois plus tard.

Le 22 août 2004, un braquage spectaculaire frappe le Musée Munch. Deux hommes armés menacent le personnel et s’emparent de la version 1910 de Le Cri ainsi que de La Madone. Les œuvres sont retrouvées le 31 août 2006, légèrement endommagées, dans des circonstances que les autorités n’ont jamais pleinement élucidées publiquement.

Conséquences sécuritaires

Suite à ces incidents, les musées d’Oslo ont investi dans des systèmes de surveillance sophistiqués et des vitres blindées pour protéger leurs collections expressionnistes.

Chronologie des événements majeurs

  1. : Réalisation de la première version en tempera sur carton.
  2. : Première exposition publique à Oslo. Création des lithographies à Berlin.
  3. : Réalisation de la dernière version majeure en tempera.
  4. : Vol de la version 1893 au Musée national, récupérée quelques mois après.
  5. : Braquage armé au Musée Munch, vol des versions 1910 et La Madone.
  6. : Récupération des œuvres volées.
  7. : Vente record du pastel 1895 pour 119,92 millions de dollars chez Sotheby’s.

Ce que l’on sait et ce qui reste incertain

Informations établies

  • Dates précises des créations (1893, 1895, 1910)
  • Localisation actuelle des quatre versions majeures
  • Montant exact de la vente de 2012 : 119,92 millions USD
  • Dates des vols (1994, 2004) et récupération (2006)
  • Techniques utilisées (tempera, pastel, lithographie)

Éléments incertains

  • Influence exacte de la momie Chachapoyas sur la figure
  • Nombre total de lithographies originales produites
  • Circonstances précises de la récupération de 2006
  • Identité de l’acheteur anonyme de 2012

Quelle est la signification de l’œuvre ?

Le Cri incarne le tournant expressionniste de la peinture européenne. Contrairement à l’impressionnisme qui capture la lumière objective, Munch déforme la réalité pour exprimer une émotion intérieure. La figure squelettique, aux traits indéfinis, devient un vecteur universel de l’angoisse existentielle.

L’interprétation défie les lectures simplistes. Le cri ne provient pas de la bouche du personnage, mais semble émaner de l’environnement lui-même — un paysage où la nature hurle face à l’individu isolé. Cette inversion symbolise le malaise moderne, la peur de la mort et l’aliénation dans la société industrielle. Fluctuat Nec Mergitur – Signification, Origine et Histoire partage cette dimension de résilience face à l’adversité, bien que dans un contexte symbolique différent.

Comme la Joconde pour la Renaissance, cette toile est devenue une icône culturelle transcendant sa nature de tableau. Elle a été réprimée par les nazis comme art dégénéré, puis réhabilitée comme symbole de l’âme nordique. Son impact s’étend du cinéma aux émojis numériques, témoignant de sa capacité à incarner l’horreur banalisée du XXe siècle.

Sources et témoignages

“J’ai senti un cri infini qui transperçait toute la nature. Je me suis arrêté et me suis appuyé contre la balustrade, mort de fatigue. Au-dessus du fjord tout bleu-noir et de la ville, le sang et les lames d’acier du ciel se sont mis à tourner. J’ai senti la grande cri de la nature.”

— Journal d’Edvard Munch, 22 janvier 1892

Cette entrée de journal constitue la source primaire la plus directe de l’inspiration. L’analyse complète de l’œuvre par les historiens s’appuie sur ces archives personnelles conservées dans les fonds documentaires norvégiens.

En résumé

Le Cri d’Edvard Munch transcende son statut de simple peinture pour devenir le symbole visuel de l’angoisse moderne. Entre sa création en 1893 sur les hauteurs d’Oslo et son statut actuel d’œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères, le parcours de cette toile illustre l’évolution de la perception artistique du rejet à la consécration universelle. Pour les visiteurs souhaitant découvrir d’autres analyses factuelles, Météo à Paris Demain – Ensoleillé 16°C Faible Pluie propose une approche informationnelle de l’actualité quotidienne.

Questions fréquentes

Qui a peint Le Cri ?

Le Cri est l’œuvre d’Edvard Munch, peintre norvégien né en 1863 et décédé en 1944. Pionnier de l’expressionnisme, Munch a créé cette toile emblématique en 1893.

Quelles sont les versions existantes de Le Cri ?

Munch a réalisé cinq versions principales entre 1893 et 1917 : deux peintures à la tempera (1893 et 1910), deux pastels (1893 et 1895) et plusieurs lithographies (1895).

Pourquoi le ciel est-il rouge dans Le Cri ?

La teinte rouge sang du ciel s’inspire des couchers de soleil observés en Europe suite à l’éruption du volcan Krakatoa en 1883, qui dispersa des cendres dans l’atmosphère créant des ciels orangés pendant des années.

Le Cri est-il une peinture à l’huile ?

Les versions les plus connues sont réalisées à la tempera sur carton. Munch a également utilisé le pastel sur carton et la lithographie pour certaines versions.

Combien de temps a duré la disparition du tableau volé en 2004 ?

La version de 1910, volée le 22 août 2004 au Musée Munch, a été retrouvée le 31 août 2006, soit deux ans après le braquage, dans des circonstances restées mystérieuses.

Julien Louis Lefevre Moreau

A propos de l auteur

Julien Louis Lefevre Moreau

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